Vos Personnages et Vous… 03 – Loli Artésia

3 avril 2019

 

 « Vos Personnages Et Vous… »
Loli Artésia

 

Pour ce troisième rendez-vous, c’est Loli Artésia que nous retrouvons. Loli se présente comme auteur de parenthèses en huis-clos, de poésie grise, de romans incolores. Au cœur des Plumes Indépendantes, elle n’est toutefois pas que cela, puisqu’elle est également co-fondatrice de l’association et trésorière.

Aujourd’hui cependant, nous ne nous pencherons que sur la facette auteur, afin d’en apprendre un peu plus sur ses personnages énigmatiques. Que peuvent bien avoir à nous révéler les meurtriers des « Indignes » ou un couple aimant jouer au tarot ?

— Merci d’avoir accepté de participer à cette interview un peu différente ! Prête ?

Avec grand plaisir… Prête !

 

— Vous vivez une histoire d’amour avec un de vos personnages, lequel ?

Leïla ou Mina (Un chat à la fenêtre). Leïla est un personnage sensible, flamboyant, elle a en elle un mélange de force et de fragilité qui me touche. Mais je pense que j’irais plus facilement vers la sociable et généreuse Mina, pour sa vivacité, son côté pétillant. C’est assez mon genre de femme.

 

— Elle finit par vous quitter, vous vous confiez à qui ?

A Serge et Mariette (Un chat à la fenêtre). Ce sont des personnages doux et compréhensifs, je suis certaine qu’ils trouveraient les mots pour me consoler. On ferait sûrement une partie de tarot en buvant du vin blanc. Et le Chat viendrait sur mes genoux. Un bonheur intemporel !

 

— Vous avez bouclé tous vos textes en cours, vous vous offrez donc une pause bien méritée ! Vous vous échappez où et avec qui ?

Je m’échappe avec Bébert (Misère et bulle de rhum, Les indignes) et sans doute à Strasbourg, puisqu’il s’agit de sa ville, celle pour qui il est prêt à tout sacrifier. J’aime Strasbourg, je m’y suis sentie comme une étrangère la première fois que j’y suis allée, mais à présent c’est une ville que je porte en moi et qui représente beaucoup. Quant à Bébert, il est celui qui a trouvé sa liberté dans la disparition, c’est tentant.

Toutefois, en ce moment, j’aurais plutôt envie de partir dans un désert. Et sans autre personnage que moi-même.

 

— Votre vie est en danger, vous ne pouvez contacter qu’un et un seul de vos personnages pour qu’il vous sauve. Vous appelez qui ?

Tout dépend du danger ! Je ne suis pas sûre qu’un seul de mes personnages me sauverait. Ceux des Indignes me haïssent, les autres s’en moquent. Pierre (Trop Peu), peut-être ? Ce n’est même pas certain.

 

— Vous trouvez un chaton blessé et abandonné, vous ne pouvez pas le garder. Vous le confiez à qui ?

A Léo (Un chat à la fenêtre). Ca ne lui ferait pas de mal de s’occuper d’un autre que lui.

 

— Ambiance plus noire, vous sombrez du côté obscur. Qui seraient les parfaits acolytes pour commettre un crime ?

Etant donné que presque tous les personnages des Indignes sont des meurtriers, j’ai le choix ! Je dirais Léa (La vie arc-en-ciel, Les indignes), d’une douceur insoupçonnable. J’aime beaucoup Cat (Cat, Les indignes) pour son côté obsessionnel, et Blandine (Les jupons multicolores, Les indignes), méthodique et déterminée.

 

— Vos univers et histoires se mélangent, vous devez écrire une romance entre deux personnages principaux de deux livres différents. Qui ?

Louis (L’imprudence) et Mélusine (Merlu). Ils sont tous les deux dans Les indignes, mais dans deux histoires différentes. Tous deux à la fois victimes et coupables, ils basculent dans l’horreur des réprouvés sans le vouloir. Ils auraient sans doute beaucoup à se raconter.

 

— Et entre personnages secondaires ?

Là, en revanche, je manque cruellement d’idées… Et puis, dites, je ne suis pas une agence matrimoniale ! Je préfère tuer mes personnages que les marier, je ne suis pas très juste avec eux.

 

— En parlant de personnages secondaires… ils en ont marre, se révoltent ! Vous devez écrire une histoire pour l’un d’eux. Lequel et quel genre ?

Pour ce qui est de se révolter, mes personnages sont doués pour ça. Et ce caprice-là, le personnage d’Alan me l’a déjà fait ! Il était présent dans Un chat à la fenêtre, mais je sentais qu’il allait au-delà, il débordait de l’histoire, donc je l’ai poursuivi dans Les indignes, avec Vingt centimes. Il avait beaucoup à dire.

 

— Si ce n’est pas déjà le cas, la fin d’un de vos romans vire au conte de fées. Dernière phrase : ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants. Qui y a droit ?

De tous, je pense que ce sont les personnages de « Trop Peu », Pierre et Chloé, qui ont droit à la meilleure fin. Dans le roman, la fin est laissée en suspens mais elle n’est guère joyeuse. C’est seulement une injonction à se libérer de leur enveloppe passée. C’est une mue qu’ils ont réussi et dans l’absolu, il faudrait que je raconte leur évolution. Il y aurait bien des choses à changer dans ce livre. Par contre, je retouche la dernière phrase (privilège de l’auteur) : ils vécurent libres et heureux de savoir qu’il existait dans ce monde un complice à leur mesure. Les seuls amants restés en vie.

 

— Et puisque nous en sommes aux fins, pensez-vous que certains de vos personnages auraient aimé avoir une histoire qui se termine totalement différemment ?

Tous les personnages des Indignes ! C’est une certitude. D’ailleurs c’est l’idée même du recueil, ils ne sont que rancœur et récriminations à l’égard de leur auteur.

 

— Un dernier mot ?

Merci pour cette interview surréaliste ! J’ai tendance à confondre régulièrement mes personnages avec des personnes de la vie réelle. Comme beaucoup d’auteurs ! Au fond, je ne suis pas sûre qu’il faille distinguer réalité et fiction. La création d’un personnage a toujours un retentissement, pour l’auteur comme pour les lecteurs, c’est une naissance à part entière.

 

Un immense merci à Loli, pour les réponses à ces questions. Quant aux personnages, ils vous en diront peut-être un peu plus juste ici.

Il ne me reste plus qu’à vous dire à bientôt, j’espère. Le 17 avril, ce sera Céline Saint-Charle qui entrouvrira la porte de ses univers.

 

Au plaisir,

 

Flore.

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