Vos Personnages et Vous… 05 – Attila Valpinson

1er mai 2019

 « Vos Personnages Et Vous… »
Attila Valpinson

 

Pour débuter ce mois de mai, que je vous souhaite radieux, nous accueillerons aujourd’hui l’auteur Attila Valpinson. Attila nous confiait il y a quelques temps être « Fainéant par principe, par conviction et par prudence. » Sa prose, elle, ne l’est pas. Et en sa compagnie, escortés, entre autre, d’une certaine Petronille Toucour, dont on parlera plusieurs fois, nous allons pouvoir nous immerger dans l’univers d’Attila Valpinson.Sans plus tarder, laissons-lui la parole, ou plus exactement la plume…

 — Vous avez bouclé tous vos textes en cours, pour fêter cela, un ou plusieurs de vos personnages décident de vous organiser des vacances de rêves ! Qui s’occupe(nt) de tout et où vous emmène(nt)-il(s) ?

C’est Toucheur, Paul Toucheur, qui s’y colle. Il m’aime bien : on partage un goût rare pour le ratafia à dose homéopathique ; aussi : « Santé ! », et vive les vacances paradisiaques : « Direction Sotteville-lès-Rouen ! »… Deuxième appétence commune : les trains d’antan. Non ! LE train : LA « Pacific 231 G 558 », imaginée par Batignolles-Châtillon à Nantes juste après le moyen-âge, — en 1922… Dès lors, monté dans l’unique wagon de première classe accroché à la locomotive vaporeuse, accoudé à une fenêtre, sur une banquette façon Chesterfield, un verre en baccarat plein d’un doigt d’aventure et d’une paille d’impatience, je me réjouis : « Ça y est, j’ai répondu à la question de notre intervieweuse !… », mais — brusquement — sous un tonnerre de boggies, plein sifflet, dans un panache de charbon ardent, Vulcain beuglant dans la boite à feu de la Pacific, nous quittons Sotteville-lès-Rouen… pour stopper net en gare de la première prairie venue. Là, dans le silence retrouvé, je regarde passer les vaches, les nuages et le temps. « Put’hein de défilé ! », dis-je, en m’allongeant, ravi, les yeux mi-clos. Et la Terre continue de tourner, rien que pour cette exclamation gracieuse… Ah, ce Toucheur, quel agent de voyage !

 

— Cette petite pause est le moment de vous confier : vous avez le béguin pour un de vos personnages, qui est l’heureux(se) élu(e)

Lucrèce, infirmière en diable, en chef aussi…

 

— A quoi ressemble votre romance ? Passionnée ? Tendre ? Chaotique ?

Poétique (nuance safari) quand Lucrèce étire la cambrure de ses reins, la pointe de ses seins et s’en va en claquant le sol de ses talons aiguille comme une gazelle le ferait, s’envolant pédibus, à l’approche de l’orage…

 

— Ambiance plus noire, vous sombrez du côté obscur. Qui serai(en)t le(s) parfait(s) acolyte(s) pour commettre un crime ?

Norbert Poupignolle, maire indigne, et son cousin Gare, chef de station dans les chemins de fer, qui, à l’ombre de leurs pouvoirs, vont de tentations en tentatives : bref, des acolytes motivés pour le crime (im)parfait.

 

— On organise un casting pour un calendrier pour l’an prochain. Thème : les péchés capitaux. Un de vos personnages décide de tenter sa chance : il auditionne pour lequel ?

La (juste) colère.

 

— Vos univers et histoires se mélangent, vous devez écrire une romance entre deux personnages de deux livres différents. Qui ?

Je n’ai édité qu’un seul de mes récits donc…

 

— Vous décidez de changer totalement d’univers, vous réécrivez votre ouvrage en prenant un genre diamétralement opposé. (ex: une romance devient un roman d’horreur, un feel-good vire  au drame) Que devient votre personnage principal?

Passant du drame à la bluette, Pétronille Toucour (violoniste sourde et muette) deviendrait une personne béate sans déficience majeure (je veux dire sans talent particulier).

 

— Vous trouvez un chaton blessé et abandonné, vous ne pouvez pas le garder. Vous le confiez à qui ?

A Faubeux, le camarade indéfectible.

 

— Vos personnages secondaires se sont récemment concertés et ils sont arrivés à la conclusion qu’ils feraient d’excellents personnages principaux ! Vous décidez d’offrir cette chance à l’un d’eux, qui choisissez-vous et dans quel genre l’emmenez-vous ?

J’ai une préférence pour un commissaire de police. L’Hapip est son nom, la pipe est son vice, les deux font la paire : Marianne la républicaine (s’)est bien protégée… Bref, s’il fallait dépayser cette figure de vertu, ce serait dans un roman orientaliste. Là, parmi quarante voleurs, il coffrerait Ali Baba au motif que : « Sésame ouvre-toi ! » est trop injonctif dans la bouche d’un Sarrazin : au gré des genres littéraires, un personnage peut se révéler psychologiquement d’un mauvais genre.

 

— Si ce n’est pas déjà le cas, la fin d’un de vos romans vire au conte de fées. Dernière phrase : ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants. Qui y a droit ?

Sans une hésitation Pétronille Toucour.

 

— Et puisque nous en sommes aux fins, pensez-vous que certains de vos personnages auraient aimé avoir une histoire qui se termine totalement différemment ?

Pétronille (encore), aurait apprécié survivre à son récit, bien sûr. Norbert Poupignolle et son cousin Gare se seraient volontiers soustraits à la camisole, à la laisse, à la muselière, bref à l’asile pour les agités du bocal tels que sont les aliénés non pratiquants.

 

— Un dernier mot ?

Pour moi, il n’y a pas de meilleurs personnages que les mots qui s’invitent spontanément, de plus belles aventures que les phrases qui les célèbrent de leur propre chef, et, en termes d’épilogue, de plus revigorant point final qu’une gorgée de ratafia qui descend l’à-pic d’un dé à coudre. Écrire, c’est être raisonnablement (dé)possédé.

 

Merci à Attila, pour ses réponses qui vous donneront peut-être envie de découvrir plus encore son univers. Sa page auteur se trouve ici!

J’espère vous retrouver le 15 mai, pour une rencontre avec Antoine Delouhans…

 

Au plaisir,

Flore.

 

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