Vos Personnages et Vous… 19 – Aidan Fox

04 décembre 2019

 « Vos Personnages Et Vous… »
Aidan Fox

 

Jusqu’ici, nous recevions des auteurs, aujourd’hui, il semble que ce soit toute une compagnie qui ait passé notre porte ! Oui, oui, rien que ça ! Pour débuter le dernier mois de l’année, nous accueillons Aidan Fox et, je me dois de vous prévenir, la rencontre avec la Fox Corp s’annonce intense ! Aidan est auteur de fantasy et porteur d’une bonne humeur visiblement contagieuse ! Lorsque nous lui avons demandé de se décrire en cinq mots, il a répondu « J’aime le chocolat blanc ». Ce qui fait bel et bien cinq, mais n’aide pas beaucoup à rédiger cette intro… Bref, vous l’aurez compris, Aidan semble délicieusement insupportable ! Il est accompagné de Pioupiou, son félin, et de la fascinante Asia ! J’arrête ici avant qu’Aidan ne déteigne trop sur moi. Place aux questions!

Merci d’avoir accepté de participer à cette interview un peu différente ! Prêt ?

Prêt !

 

— Vous vivez une histoire d’amour avec un de vos personnages, lequel ?

Mon cœur balance. J’ai envie de dire Thomas, le héros de Clair-Obscur, parce qu’il est sensible, un poil perdu, et que j’ai envie de le protéger. D’un autre côté, Asia, l’héroïne des Murmures du Shar, est une montagne de volonté et de convictions que j’admire et qui me fait briller les yeux. Ne pas choisir, vouloir tout avoir, telle est la devise de la Fox Corp (la devise exacte étant, je cite, « tout pour moi, balec du reste »).

 

— Il/elle finit par vous quitter, vous vous confiez à qui ?

L’autre. Celui ou celle qui ne m’a pas quitté. Pour cracher derrière son dos parce que mon petit cœur d’artiste sera en lambeaux, comme le tissu déchiré d’une toile ravagée par une fournaise de colère.

 

— Vous avez bouclé tous vos textes en cours, vous vous offrez donc une pause bien méritée ! Vous vous échappez où et avec qui ?

Cette situation n’arrive pas, je suis absolument incapable de boucler mes textes en cours parce qu’il y en a toujours qui viennent prendre la place des autres. Je vous jure, ils arrivent comme ça un matin, ils sonnent à la porte, « eh bonjour de la Foxerie, nous sommes le projet X et nous venons bousiller votre QG, vous êtes chaud ? » et toute l’équipe de pousser bien sûr un immense cri de joie en acceptant la proposition qui va surcharger notre planning pour les 400 ans à venir.

Mais je digresse. Du coup pour la pause, oui, eh bien je m’offre un break avec mes futures pages dans un chalet des hautes montagnes des Sept Principautés parce que j’aime le froid, l’hiver, le nord, et que je me moque éperdument des plages de sable blanc qui parsèment pourtant les cartes rieuses de mes multiples univers. Et j’y vais évidemment avec tout le personnel de la Fox Corp parce que de toute façon je ne peux pas m’en débarrasser où que j’aille – c’est une malédiction.

 

— Votre vie est en danger, vous ne pouvez contacter qu’un et un seul de vos personnages pour qu’il vous sauve. Vous appelez qui ?

Je pourrais appeler l’une des forces fondatrices du multivers mais ce serait tricher, et on n’a encore rien rencontré de tel dans mes écrits. Je pourrais aussi demander au plus puissant de mes personnages. Mais ce serait trop facile, hein ? Alors j’appellerais Pitch-ou-net, la deuxième tête de l’ogre bicéphale qui joue le rôle de parent dans les Murmures du Shar. Juste pour qu’il dise n’importe quoi et que ça me fasse rire.

 

— Vous trouvez un chaton blessé et abandonné, vous ne pouvez pas le garder. Vous le confiez à qui ?

Pioupiou, ma chatte, également personnage de mes écrits puisque mis en scène dedans. Après tout je trouve logique de confier un chat à un chat : meilleur entraîneur en ce qui concerne la litière, la toilette, les croquettes et l’emmerdement discontinu des maîtres. Bon, j’enfreins certainement la règle puisqu’étant le gardien de Pioupiou, elle-même gardienne du nouveau venu, je deviens par hérédité du titre le gardien effectif de ce dernier. Mais on s’en tape.

 

— Ambiance plus noire, vous sombrez du côté obscur. Qui serai(en)t le(s) parfait(s) acolyte(s) pour commettre un crime ?

Le metteur en Fox. Celui qui dirige la mise en fox de mes histoires, du scénario à la production. Un monstre d’efficacité qui n’a qu’un objectif en tête : la perfection. Le personnel de la Fox Corp le voit d’ailleurs souvent comme un véritable bourreau qui mène tout le monde à la baguette dans une discipline militaire aussi stricte et rigide que le manche à balai qu’il a dans le … Du coup ça fait de lui un complice idéal dont je ne mets pas la compétence en doute, et qui saura habilement commettre le crime et dissimuler ses traces – parce que je ne compte rien faire dans l’histoire, je délègue, moi, eh, vous croyez quoi ?

Comment, il est interdit de choisir parmi le personnel de la Fox Corp qui habite les méandres de mon esprit torturé ? Okay. Dans ce cas je prends Tikken le Terrible. C’est l’un des principaux antagonistes de la Fille de l’Eau, un redoutable félin cyborg avec qui le destin a été cruel, et qui a donc décidé d’être cruel avec le destin – logique.

 

— Vos univers et histoires se mélangent, vous devez écrire une romance entre deux personnages principaux de deux livres différents. Qui ?

Facile. Je mets Alix, l’héroïne un peu coincée de Clair-Obscur qui aime contrôler chaque instant de sa vie, avec Anko, personnage principal de mon prochain roman, la Rose des Vents, qui lui aime le frisson de l’aventure et l’excitation de la découverte. Feu d’artifice garanti, succession de disputes traumatisantes, séances chez le Psyfox ô combien lucratives pour la firme, et THE FIRST RULE OF FIGHT CLUB IS YOU DO NOT TALK ABOUT FIGHT CLUB.

 

— Et entre personnages secondaires ?

Réfléchir aux combinaisons possibles entre la foule de figures qui se disputent la surface de mes pages me fait frémir jusque dans les… euh, omoplates. Allez, parce que c’est fun, mettons Mélisandre, petite sorcière trapue qui rentre dans le plus pur stéréotype du chapeau pointu et du balai magique, avec le Prince marchand Vesperil, maître de la Principauté de Sarkoth, un aristocrate très imbu de lui-même qui ne supporte pas le vulgaire et la facilité. Que leur gêne décomplexée me fasse jouir de bonheur égoïste et auto-contemplatif.

 

— En parlant de personnages secondaires… ils en ont marre, se révoltent ! Vous devez écrire une histoire pour l’un d’eux. Lequel et quel genre ?

J’ai déjà dû subir quelque chose du genre… Lucrecia, personnage discret mais essentiel de ma première série, qui n’a jamais encaissé de ne pas être portée sur le devant de la scène, a réussi à coincer la direction juridique de la Fox Corp et à exiger la signature d’un contrat lui promettant le rôle principal dans l’une des prochaines productions de la boîte. C’était brillant d’audace et de maîtrise, et je n’ai eu d’autre choix que d’accepter. Bien sûr, ce sera une fantasy épique à l’image de celle dans laquelle son personnage a déjà évolué. Et oui, la Fox Corp a été ruinée par les dommages et intérêts. Depuis on mange des pâtes aux pâtes.

 

— Si ce n’est pas déjà le cas, la fin d’un de vos romans vire au conte de fées. Dernière phrase : ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants. Qui y a droit ?

Mais personne, vous croyez qu’on fait dans le happy ending à la Fox Corp ? Que les personnages ont droit à une prime d’activité à la fin de la production, qu’on les prend gentiment en CDI après les avoir exploités sans aucune honte à travers la triple reconduction de leurs stages annuels rémunérés au minimum légal, qu’on les remercie pour services rendus à la nation en leur refilant un ticket « Employee of the month – Happily Ever After » qui donne droit à des bambins braillards, une culotte de soie et un chapeau de guignol en hologramme vert ? Mais c’est vous qui vivez dans un conte de fées ! Il n’est de sortie honorable pour un personnage que les tripes à l’air, éventré par la cruelle roue (scie à dents ?) du temps dans la manifestation macabre et implacable des affres caractérielles du destin.

 

— Et puisque nous en sommes aux fins, pensez-vous que certains de vos personnages auraient aimé avoir une histoire qui se termine totalement différemment ?

Ah, ça, c’est sûr. Ils n’arrêtent pas de demander. Et qui y va de son « j’aimerais bien que mon personnage tourne comme ça », qui de son « et si on donnait cette direction à mon personnage ? » Mais c’est une bande de gentils troubadours candides qu’on a là ! Incapables de comprendre que les décisions se prennent au sommet, TOUT LÀ-HAUT, c’est-à-dire à un endroit où ils n’ont pas accès ! Que le Foxident est celui qui a le dernier mot, c’est comme ça, point barre, et qu’on s’en fout royalement de leur avis si ce n’est pas un tant soit peu argumenté. Parce que oui, ça nous arrive d’écouter, quand même. Il y a parfois de bonnes idées. Mais franchement, le capitaine Boileux qui suggère que son personnage passe du côté lumineux, limite abandonner sa qualité de pirate, avec son phrasé graveleux et ses petites manières mesquines ? Not a chance, comme dirait Foxliglotte ! Nathen qui se dit que son personnage mériterait plus de respect parce qu’il a tout de la passoire émotionnelle de l’héroïne des Murmures du Shar ? So what ? Boule-de-suif qui propose que finalement, les ogres ne soient pas que des brutes sauvages qui pondent des chiards dans des trous de granit rose mais plutôt des créatures civilisées au grand cœur qui débordent de compassion et conduisent des débats philosophiques jusqu’au bout de la nuit ? Bon, ça, on a peut-être écouté et mis en pratique, c’est vrai.

 

— Un dernier mot ?

N’écoutez pas un mot de ce que Foxmunnication a dit dans cette interview. Il n’a pas toute sa tête, d’ailleurs son poste sera bientôt à pourvoir. Faites marcher votre réseau, on a un Dir com à recruter.

 

Merci à Aidan pour ses réponses et sa bonne humeur ! Ce fut un réel plaisir de partager cette interview avec lui ! Si Aidan et ses personnages ont su vous intriguer, j’ai une bonne nouvelle pour vous, la Fox Corp ‘ a une page auteur ! Pour l’itinéraire, on suit ce lien

Vous et moi, nous nous retrouverons le 18 décembre. Ce sera un rendez-vous un peu particulier, puisqu’il clôturera la parenthèse « Vos Personnages et Vous ». Notre auteur du jour sera Catherine Marquèze, j’espère vous retrouver pour cette ultime plongée dans un nouvel univers !

Au plaisir,

Flore.

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