Vous prendrez bien un café avec moi ? (Tia Wolff)

Il y a quelques mois, je débutais cette série d’interviews avec Erika Boyer, une discussion que vous pouvez retrouver sur le site des Indéchaînés. Aujourd’hui, c’est avec Tia Wolff, l’auteure de la saga Anthéa, que j’ai rendez-vous, pour vous parler d’elle, et surtout de son oeuvre.

Bonjour Tia. J’ai découvert Anthea grâce à plusieurs avis que j’ai pu lire sur les réseaux sociaux. Et c’est lorsque je t’ai rencontrée en chair et en os, au salon du livre des Plumes Indépendantes, à Captieux, que je me suis procuré le tome 1 : Les Mastels.

Hello ! Je me souviens du craquage de dernière minute en rangeant le stand 🙂

C’est exactement ça 😉

D’abord merci de te prêter au jeu de cette petite discussion autour de ton roman, et d’une tasse de… café, thé, chocolat chaud?

Merci à toi de m’avoir invitée. Un chocolat chaud, ça sera parfait.

Si tu devais présenter en quelques lignes Anthea à ceux qui nous lisent, que nous dirais-tu ?

Anthea est l’histoire de Cassandra et Max, deux adolescents qui se connaissent depuis toujours. Un jour, la grand-mère de Max va lui donner un bracelet qu’il offrira à Cassandra. Un mystérieux tatouage va alors apparaître sur le poignet de la jeune fille, c’est le début d’une longue aventure qui va mettre à l’épreuve leur amitié et faire ressortir des secrets de famille. Dans cette saga, on parle de magie, des quatre éléments, de la nature mais avant tout des relations entre les personnages. On se concentre sur leurs évolutions respectives plus que sur l’action.

Et c’est justement cette évolution entre eux qui est passionnante. J’ai aussi beaucoup apprécié cette ambiance de lycée à l’américaine. Je sais, pour te suivre sur les réseaux sociaux, que tu as un peu voyagé aux États Unis, est-ce là-bas que cette histoire t’est venue ? Peux-tu nous raconter ce qui a déclenché cette aventure ?

J’ai découvert les États-unis il y a dix ans maintenant, un vrai coup de coeur, et j’ai baigné dans les séries américaines depuis bien plus longtemps. Ça m’a fortement influencée. J’aime cette ambiance qui est très différente de l’expérience du lycée que j’ai eu.

Pour pouvoir casser le code de notre monde rationnel, j’ai préféré délocaliser l’histoire d’Anthea. Mais l’histoire n’est pas née là-bas. Elle a émergé à un moment de ma vie où j’étais très prolifique en terme d’écriture et où les idées se succédaient. Je venais de terminer un roman, mon premier long roman original. Et un jour j’ai visualisé cette scène dans la forêt, quand Max et Cassandra sont dans les ruines et qu’il lui donne le bracelet. J’ai écrit le prologue et les deux premiers chapitres mais ça n’allait pas. Il y a eu une période où j’ai laissé l’histoire décanter mais elle ne me quittait pas. Alors j’ai réécrit plusieurs fois le début jusqu’à ce qu’il me convienne et j’ai fait déménager mes personnages jusqu’à ce qu’un détail me fasse choisir Fall River. C’était l’endroit idéal pour eux et cette histoire.

Quelles ont été tes inspirations pour créer cet univers ? On y parle beaucoup de lien avec les éléments, qu’est-ce qui t’a donné cette idée ?

J’ai toujours aimé la forêt, elle a un côté mystérieux, évolue au fil d’une même journée grâce à la luminosité mais aussi au fil des saisons. La nature est importante, fascinante. Quoi de mieux pour en parler que les éléments ? Je voulais intégrer cette notion de conséquences des actes sur l’entourage des héros mais aussi sur ce qui n’est pas humain mais n’en reste pas moins vivant et important : la nature. On l’oublie trop souvent dans l’équation. Je dois aussi avouer que j’ai une petite fascination pour le feu qui se retrouve dans beaucoup de mes histoires…

Côté inspiration, les séries se déroulant dans des lycées américains m’ont influencée. J’ai d’ailleurs glissé quelques références au fil des pages. En revanche, contrairement à ce qu’on pourrait croire, je n’ai vu qu’un épisode des frères Scott. Le basket ne vient pas de là. C’est un sport que j’aime beaucoup et que j’ai pratiqué plus jeune. Et je suis comme Penny, j’aime l’énergie qui y règne.

Et tu retranscris très bien cette énergie, cette ambiance qui est unique à ton univers.

On t’embête beaucoup sur les réseaux sociaux, avec le fait que Max et Casey, tes deux héros, doivent absolument tomber amoureux. Pourquoi est-ce important pour toi que cette amitié reste pure ? (du moins pour le moment)

Parce que je crois en l’amitié fille/garçon, tout simplement. J’ai grandi dans des univers majoritairement masculins. J’ai deux frères, j’ai fait des études où nous étions 3 filles pour 30 garçons… Heureusement que j’ai pu me faire des amis garçons sans ambiguïté 🙂

Et si l’on part du principe, qu’une fille et un garçon finiront toujours ensemble, il faut aussi étendre ça sur l’amitié fille / fille ou garçon / garçon puisqu’ils peuvent aussi tomber amoureux… Faut-il anéantir le principe d’amitié ? Ca serait dommage, non ?

Je suis bien d’accord avec ça, tu le sais. Et heureusement que l’amitié pure existe, c’est ce qui en fait un lien si particulier.

Tu abordes également la notion de destin. Tes personnages font face à des événements qu’ils semblent ne pas pouvoir éviter. Est ce que pour toi, nous sommes liés à une telle force supérieure qui nous dicte une finalité ? Qu’est-ce que tu penses de tout ça ?

La vraie question, c’est : Est-ce qu’ils ne peuvent pas éviter leur destin ou est-ce qu’ils font inconsciemment ce qu’il faut pour aller là où leurs ancêtres les ont vus ?

Je ne sais pas s’il y a une force supérieure qui nous dicte nos actions. Par contre, je suis persuadée qu’on n’a pas tous les mêmes chances d’arriver à un point donné, peu importe nos actions. Je crois en la chance, je crois aux relations de cause à effet et je crois au fait que notre inconscient joue un grand rôle dans notre vie. C’est peut-être lui cette force supérieure qui nous guide au final.

On vit dans un monde complexe, il y a des millions de facteurs qui nous poussent à faire une action. Des facteurs physiologiques (j’ai froid, je mets un pull), des facteurs comportementaux (je suis habituée aux pulls plutôt qu’aux vestes), des facteurs héréditaires (on est frileux dans la famille), des facteurs liés à notre expérience (j’ai grandi dans une région chaude, je supporte moins le froid) etc. Mettre un pull ou pas semble anodin mais ça peut être aussi l’étape qui amène à un moment-clé de notre existence et ce moment-clé est conditionné par tous ces facteurs, sur la décision de mettre un pull mais aussi toutes les autres décisions prises en amont.

Peut-être que tout aurait pu être évité si Mia avait décidé de détruire le bracelet…

Peut-être… je crois aussi que nos destins sont construits par chacun de nos choix…

Tu as écrit les tomes 2 et 3, le 4ème est en cours de rédaction… et après ça, quoi de prévu?

Je pense que je vais d’abord prendre un moment pour respirer, sourire et me dire « je l’ai fait, j’ai terminé la saga » Parce que Casey et Max m’auront accompagnée pendant 10 ans et qu’ils m’ont demandé beaucoup d’énergie.

Mais très rapidement, je vais me replonger sur mes autres projets en cours. Je vais changer de genre et glisser vers la romance contemporaine. Lucie attend de raconter son histoire et ce n’est pas la seule.

Si tout se passe bien, il va y avoir deux sorties en 2019 : le dernier opus de la saga Anthea et une romance.

Une ouverture vers d’autres aventures alors 🙂

La porte n’est jamais vraiment fermée !

Tu as choisi l’auto édition, peux-tu nous expliquer ce qui t’a amené vers ce type d’édition, et ce que tu y trouves ?

Au début, c’était un test. Je suis très curieuse et je voulais savoir ce que ça pouvait donner. Au fil des mois, j’ai appris bien plus que je ne l’aurais imaginé. Sur le processus en lui-même mais aussi sur l’univers de l’auto-édition. J’ai fait des rencontres (de blogueuses, d’auteurs, des lecteurs…), je suis sortie de ma bulle en participant à un salon du livre, j’ai professionnalisé ma démarche.

L’auto-édition demande un investissement énorme. Il ne s’agit pas seulement d’écrire son livre (ce qui est une épreuve en soi) mais aussi de le publier, d’en faire la promotion, d’aller vers le lecteur… C’est à la fois épuisant et enrichissant.

Je ne peux pas comparer avec l’édition classique que je ne connais pas assez. Mais j’aime garder le contrôle sur mon livre, décider de son contenu sans avoir à rentrer dans une case, choisir sa couverture, être proche de mes lecteurs… Certes un coup de pouce de temps en temps serait le bienvenu, notamment sur la distribution en librairie, mais dans l’ensemble, je suis ravie d’avoir cédé à ma curiosité. Sinon je ne serai pas là à partager ce chocolat chaud virtuel avec toi 🙂

Merci beaucoup, Tia, pour ce petit moment passé ensemble. Pour terminer, quels sont tes prochaines actualités ? Des salons, de dédicaces, des dates de sorties ?!

Merci à toi encore une fois. On se revoit rapidement au salon Imagina’Livres près de Toulouse (31) le premier week-end de mai, à Captieux (33) fin septembre et certainement à d’autres dates, tout n’est pas bouclé encore.

Les dates de sorties sont encore top secrètes, la seule chose que je peux vous dire, c’est que vous pourrez lire la fin des aventures de Cassandra et Max sur la plage cet été !

Résumé 

16 ans… Le printemps de la vie ! Pour Cassandra et Max, cette phrase va dépasser les limites qu’on lui pose habituellement. Au départ, une amitié ancestrale remontant sur plusieurs générations, des amis, des cours ennuyeux, des coeurs prêts à s’emballer et des matchs de basket à gagner. Le vent léger de l’adolescence. Mais c’était sans compter sur les secrets de famille, sur les squelettes qui dorment dans les placards, sur les légendes qui sont parfois bien plus que ça. Un bruissement infime dans la forêt, il y a de cela de nombreuses années. Un autre siècle. Une autre époque… En apparence anodin mais véritable tempête à venir. Un battement d’aile de papillon en dormance. Il suffira de rien, ou presque. D’un bracelet offert, pas du tout par hasard, pour chambouler leur vie. Comment réagit-on quand on vous apprend soudainement que le monde dans lequel on évolue n’est que mensonge ? Comment assimiler l’incompréhensible ? Comment, surtout, continuer d’être un adolescent lambda avec son quotidien de tracas insignifiants ? Entre doutes, magie, grimoires, secrets et inquiétudes, ils devront se frayer leur propre chemin.

Mon avis : comme vous avez pu le comprendre, j’ai énormément apprécié cette lecture, et j’attend avec impatience de retrouver Tia au salon Imagina’livre à Escalquens près de Toulouse, les 4 et 5 mai prochain, pour me procurer la suite. J’ai plongé dans cette histoire d’amitié épique et fantastique, avec une délectation d’adolescent. Je me suis particulièrement attaché à tous les personnages, j’en ai détesté d’autres ( et c’est là que l’on voit le talent de Tia, qui parvient à donner vie aux protagonistes de l’histoire, que ce soit les principaux ou les secondaires). La plume de l’auteure est fluide et simple, dans le meilleur sens du terme, et nous permet d’évoluer dans l’aventure rapidement, avec une sorte de dépendance à la page suivante ^^. A lire absolument.

Le site de l’auteure :

https://www.tiawolff.com/

Et si vraiment nous vous avons mis l’eau à la bouche : Anthea – Livre 1 : Les Mastels https://www.amazon.fr/dp/2955598526/ref=cm_sw_r_cp_api_i_I6OxCb5MX6H8E

Merci d’avoir pris le temps de lire ma rencontre avec Tia. Et n’oubliez pas. Vous avez lu un livre? Commentez-le, notez-le. Nous qui nous auto-éditons avons besoin de vous!

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